SpécifiCITéS, n°19 (2025)
22 mars 1968 - Une journée-monde
Nanterre est une université à laquelle est accolée dans la mémoire collective plusieurs temporalités : une année, celle de 1968 un mois de cette année-là, celui de mai ; enfin, une journée, celle du 22 mars 1968. Deux ou trois années avant le cinquantenaire de mars 2018, un petit groupe a pris l’initiative de préparer un colloque : Jean-Pierre Duteuil, Raymond Hara, Christian Laval, Alain Lenfant et Simon Ridley. Ce groupe s’est progressivement élargi à Robi Morder et Jean-Philippe Legois. Les échanges informels se sont multipliés entre des chercheur.e.s ainsi que des témoins pour envisager de commémorer ces moments et tenter de questionner les présupposés du Mouvement du 22 mars reposant sur l’internationalisme, la démocratie directe et une dialectique entre les critiques de l’université et de la société : un questionnement pas totalement innocent alors que le rôle de l’université fait l’objet de débats récurrents entre la transmission de savoirs professionnels et la recherche d’une formation à l’esprit critique. Un colloque « Sur les traces du Mouvement du 22 mars 1968 à Nanterre, que reste-t-il de la critique de l’université et de la société ? » s’est déroulé à l’amphi Max Weber de l’université de Nanterre les 23 et 24 mars 2018. C’est donc au prologue d’un des plus grands bouleversements de la société française que ce numéro de la revue Spécificités est consacré.